C'est parti pour ce qui a été très certainement le jour le plus éprouvant physiquement depuis le début de l'aventure. Journée bien remplie durant laquelle j'ai parcouru sans exagérer une quarantaine de kilomètres à vélo et une vingtaine à pieds. Il y a donc forcément beaucoup à dire et surtout à montrer !
La météo annonçant à nouveau une journée ensoleillée, je décide de me lever tôt pour passer la journée dehors et profiter au maximum, car on ne sait jamais ce que demain me réservera.
Cependant, ayant déjà remarqué ce phénomène mais n'y pensant plus, je réalise en sortant de l'auberge de jeunesse que la ville est plongée dans un brouillard dense. Je choisis donc de décaler mon départ pour la réserve naturelle de Siljansnäs, à environ quinze kilomètres de Leksand.
En attendant, je décide de passer par la "Maison de la culture" de Leksand qui, avec ses vieilles maisons en bois et le brouillard ambiant, n'est pas sans rappeler l'atmosphère "viking".
Je poursuis jusqu'à l'église de Leksand, pourvue d'un dôme ayant une forme originale, remontant au début du XIIIème siècle mais largement rénovée et agrandie depuis. Je traverse ensuite le cimetière, seul, dans le froid et le brouillard... Il ne manque qu'un hurlement de loup et je prends mon billet retour pour la France. Blague à part, on notera qu'en Suède, les cimetières sont très fleuris.
Le brouillard étant bien installé, je décide de faire le tour d'un petit lac dans les environs de Leksand. On notera seulement quelques spectatrices blasées à cornes, et de petits sites d'observation pour les oiseaux, très courants autour des lacs suédois. Bon, ce matin, n'ayant pas réussi à voler les énormes feux antibrouillard des voitures pour les fixer sur mon vélo, les oiseaux sont restés bien cachés.
Mais soudain, j'aperçois au loin le signe tant attendu du départ pour Siljansnäs: le brouillard commence à se lever !
Je prends donc la direction de Siljansnäs. Mais en sortant de Leksand, je tombe face à ce panneau. Observez bien le petit pictogramme à côté du nom de ma destination...
Remontée mécanique ? Station de ski ? Cela veut donc dire relief conséquent... Or une précision s'impose : les vélos prêtés par l'auberge de jeunesse n'ont pas de dérailleur, encore moins de suspensions, et pèsent à peu près le même poids que mon gros sac-à-dos, à savoir plus de vingt kilos. Autant dire que le moindre faux plat se transforme dès lors en étape alpestre...
Sur la route de l'Alpe d'Huez, donc, je fais de nombreuses pauses pour profiter du paysage... et souffler...
Mais à l'arrivée, le panorama valait le coup !
La réserve naturelle Siljansnäs Naturum possède, outre quelques animaux empaillés représentatifs de la région, un petit musée concernant la météorite qui s'est écrasée dans la région il y a près de 360 millions d'années. Et qui dit musée suédois dit bizarrerie, vous commencez à vous y habituer. On notera par exemple que, si l'on effectue un zoom sur le petit panneau illustrant une reproduction de météorite, les poissons en Suède se sont découverts des pattes pour essayer d'éviter de se prendre ce gros cailloux sur la tête. Bien essayé, mais ça ne sera pas suffisant !
La réserve naturelle présente de très beaux sentiers et paysages, avec en cerise sur le gâteau, une tour panoramique culminant à 22m de haut et proposant une vue à 360° autour lac Siljan et ses alentours.
Une fois redescendu, je commence à chercher un joli petit coin pour manger. Ce ne fut pas très compliqué : au détour d'un petit sentier, je ne pouvais pas rêver mieux.
Roulant sur le chemin du retour pour Leksand, j'en profite pour faire deux petits points de "culture suédoise", l'un très important et l'autre secondaire.
Le premier concerne les nombreux mâts que l'on trouve dans les villes et les villages. Ils sont utilisés lors de la deuxième fête la plus importante en Suède après Jul (Noël) : la Midsommar (Saint-Jean) en célébration du solstice d'été. A cette occasion, les Suédois et Suédoises revêtent des vêtements traditionnels, portent des fleurs dans les cheveux, et dansent autour de ces mâts qui sont alors recouverts de fleurs et autres végétaux.
Enfin, j'ai pu constater que beaucoup de Suédois se passionnent pour les vieilles voitures américaines. Je crois bien en avoir croisé chaque jour dans chaque ville par lesquelles je suis passé. Certaines sont très sympas, comme cette vieille Ford garée au bord du lac.
De retour à l'auberge de jeunesse, et bien qu'il soit déjà 15h, je décide de me lancer dans une randonnée de 15 km qui démarre à quelques rues de là. Sur la brochure que je me suis procurée à l'office de tourisme, il est indiqué : "certains passages sont compliqués et les 2,5 derniers kilomètres présentent un dénivelé très important". Ok, donc ça se fera donc à pied. Le parcours prend apparemment entre quatre et six heures, il faudra donc faire vite pour ne pas se retrouver perdu en pleine forêt à la nuit tombée... Mais il est à nouveau question d'un point de vue magnifique sur la région, donc je me lance pour ne pas rater ça.
Des pins, de la verdure, des mousses et du lichens, un peu d'humidité. Svamp ? (Champignon ?). Je crois avoir parmi mes lecteurs énormément d'amateurs de champignons et quelques cueilleurs frénétiques. Je crois savoir également qu'au moment de mon départ de France, les cèpes n'étaient toujours pas décidés à montrer le bout de leur chapeau. Ah le plaisir de plocka svamp (aller à la cueillette des champignons), de tomber sur des cèpes et de charrier ses copains (concurrents ?) quand on en trouve des gros...
Vous me voyez venir ? Bon, je vais être honnête, je ne fais pas ça par plaisir ou par élan de perversité. Ceux à qui je m'adresse en particulier se reconnaîtront et sont priés de contenir les larmes qui vont naturellement leur monter aux yeux.
ATTENTION: CERTAINES IMAGES QUI SUIVENT PEUVENT HEURTER LA SENSIBILITE DES PERSONNES NON-AVERTIES
La Suède semble bien être le paradis du karljohansvampa ou "cèpe". Pour la petite histoire, Karl XIV Johan, le personnage dont est tiré le nom du champignon, n'est autre que Charles XIV Jean alias Jean-Baptiste Bernadotte, français couronné roi de Suède en 1818 dont les héritiers se trouvent encore aujourd'hui sur le trône.
Enfin, je vous entends d'ici : "oui, il a cherché pour trouver les plus gros, c'est bidouillé..." La vérité est que je devais faire attention où je mettais les pieds pour ne pas marcher dessus ! De véritables mers de cèpes s'étendaient devant mes yeux ! Et ils vont jusqu'à pousser au beau milieu du chemin ! Vous ne me croyez pas ? Ok.
N'ayant pas de congélateur portatif, merci de ne pas espérer un quelconque envoi par colissimo !
Les derniers kilomètres avant la mi-parcours et la vue panoramique sont en effet assez difficiles. Arrivé en haut, je découvre d'abord une petite stuga ouverte devant servir de refuge, mais surtout, la vue est encore une fois magique.
Il ne me restait plus qu'à parcourir, d'un pas fatigué je dois le reconnaître, les sept kilomètres qui me séparaient de l'auberge de jeunesse avant de prendre une douche bien méritée et poursuivre vers le "café cosy" de la veille pour vous raconter tout ça !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire